La tête dans le sable

Au bilan de ce nouveau sommet, de laborieux compromis à propos de la Biélorussie et de la Turquie ont été adoptés sur le thème du « retenez-moi ou je fais un malheur ». Il ressort bien peu de concret du sommet, si ce n’est… la convocation d’un prochain sommet informel en novembre, qui sera consacré aux relations avec la Chine. Celles avec la Russie n’ont pas cet honneur. La réduction des dépendances stratégiques européennes vis à vis des États-Unis ont également conduit les chefs d’État et de gouvernement à demander à la Commission de tardivement concentrer ses efforts financiers dans … Lire la suite

Le pragmatisme des banquiers centraux

La BCE ne dévoile pas encore ses batteries depuis l’annonce par Mario Draghi, prochainement sur le départ, que les achats d’obligations pourraient reprendre si l’inflation ne repartait pas. Selon son économiste en chef Philip Lane, « ses dirigeants doivent aussi être ouverts à de nouvelles idées et de nouvelles méthodes » bien qu’ils disposent de marge de manœuvre pour engager un nouvel assouplissement monétaire afin d’accomplir son mandat.

Le désendettement, un débat mené à reculons quand il devient inévitable

Le débat clé sur le meilleur moyen de réduire l’endettement massif rejaillit à propos de l’Italie après être réapparu en Grèce. On sait qu’il n’y a pas trente-six mille manières d’y parvenir, une forte inflation et une forte croissance étant les préférables. Par défaut, il ne reste que le réaménagement de la dette, et dans les cas ultimes sa restructuration. Mais, longtemps monnaie courante, cette dernière option est devenue un interdit, au nom des intérêts supérieurs du système financier.

LA POLITIQUE DU GROS DOS A BON DOS, par François Leclerc

Billet invité.

Imparfaitement construite, l’union monétaire est-elle condamnée au démantèlement ou peut-elle se renforcer et comment ? Il fallut se rendre à l’évidence qu’elle n’était pas bien armée lorsque la crise bancaire est brutalement intervenue, suivie par celle de la dette souveraine puis par l’interaction entre les deux. La philosophie du Traité de Maastricht voulant que chacun de ses signataires en fasse son affaire rencontrait alors ses limites, qui n’ont pas depuis été repoussées.

LES PORTUGAIS NE SE LAISSENT PAS FAIRE, par François Leclerc

Billet invité

« Préparer la restructuration de la dette pour disposer d’une croissance durable » : c’est sous ce titre que soixante-dix Portugais de tous bords lancent un gros pavé dans la mare européenne sous la forme d’un long manifeste (en Portugais) très argumenté. Dans la liste impressionnante des signataires, on trouve aussi bien d’anciens ministres, des dirigeants politiques allant du centre droit à l’extrême-gauche, ainsi que des syndicalistes et des chefs d’entreprises. En dépit de ce qui les oppose sur la scène portugaise, ils préconisent ensemble une restructuration de dette s’appuyant sur trois principes : une décote la ramenant … Lire la suite

L'actualité de demain : ÉPINEUSES QUESTIONS SANS RÉPONSE, par François Leclerc

Billet invité. Paul Jorion : La proposition que j’ai faite l’année dernière, d’un défaut généralisé des nations constituant la zone euro (ici et ) a d’abord été écartée d’un revers de main mais on commence à s’y intéresser et on m’invite à venir l’exposer en novembre devant le Parlement européen (j’en dirai plus à ce sujet très bientôt).

Évoque-t-on des questions épineuses alors qu’elles ne se posent pas ? On peut se le demander, à prendre connaissance de l’intervention de Christine Lagarde aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Certes, elle ne parvient pas à « imaginer un instant que toutes … Lire la suite

L'actualité de demain : L'UNITÉ DE LA TROÏKA FAIT QUESTION, par François Leclerc

Billet invité.

A la lecture des innombrables commentaires auquel l’autocritique du FMI à propos de la Grèce a donné lieu, comment ne pas être frappé qu’ils vont rarement à l’essentiel ? Une entorse a été faite à ses principes à l’occasion du sauvetage qui fait l’objet de cet examen critique, reconnaît son rapport, qu’il n’entend pas renouveler. La règle du jeu est connue : le fonds ne s’engage financièrement que lorsque les conditions de son remboursement sont réunies, c’est-à-dire lorsque la dette du pays en question est considérée comme soutenable. Or, en Grèce, elle ne l’était pas (et ne … Lire la suite